Aller au contenu principal
Urgence vitale ? Composez le 911 — cet outil est informatif et ne remplace pas les secours.

Foire aux questions

Tout ce qu'il faut comprendre sur le triage, les temps d'attente du MSSS et le calcul des trajets — expliqué simplement, sans jargon.

Cette page explique en détail d'où viennent les données affichées par Temps aux Urgences et comment chaque chiffre est calculé. L'objectif : que vous compreniez exactement ce que l'outil mesure — et ce qu'il ne mesure pas — pour l'utiliser à bon escient.

Les bases

Qu'est-ce que Temps aux Urgences (patient.quebec) ?

Temps aux Urgences est une application web gratuite et bilingue qui aide les Québécois à choisir la salle d'urgence où ils seront vraisemblablement pris en charge le plus rapidement. Pour chaque urgence indexée, l'outil additionne deux durées — le temps pour s'y rendre depuis votre position et le temps d'attente actuellement observé sur place — puis trie les hôpitaux du plus rapide au plus lent.

C'est un outil d'information et d'orientation. Il ne pose aucun diagnostic et ne remplace ni Info-Santé 811 ni le 911.

L'outil est-il gratuit ? Faut-il créer un compte ?

Oui, entièrement gratuit, sans publicité, sans compte et sans installation. C'est un projet citoyen indépendant bâti sur des données publiques ouvertes. Vous l'ouvrez, vous autorisez (ou non) la géolocalisation, et vous obtenez immédiatement un classement.

Quelles urgences sont couvertes ?

Toutes les salles d'urgence du Québec qui transmettent leurs données au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) et qui figurent dans le jeu de données public « Situation dans les urgences au Québec ». Quelques établissements sans civière, ou qui n'ont pas transmis leurs chiffres un jour donné, peuvent afficher des données partielles ou absentes.

Est-ce que ça remplace Info-Santé 811 ou le 911 ?

Non, et c'est essentiel. En présence de symptômes graves, composez immédiatement le 911. Si vous hésitez sur la pertinence de vous déplacer, composez le 811 (Info-Santé) : une infirmière évaluera vos symptômes. Temps aux Urgences intervient seulement après — pour comparer les options une fois la décision d'aller à l'urgence prise.

Comprendre le triage

Qu'est-ce que le triage à l'urgence ?

Le triage est l'évaluation rapide réalisée par une infirmière dès votre arrivée. Son but est de mesurer la gravité de votre état afin de déterminer qui doit être vu en priorité. Ce n'est pas « premier arrivé, premier servi » : une personne en danger vital passe avant une personne stable, même arrivée plus tard.

Comment fonctionne l'échelle de triage (ETG / CTAS) ?

Le Québec utilise l'Échelle canadienne de triage et de gravité (ETG, ou CTAS en anglais), graduée de 1 à 5 selon l'urgence clinique :

  • Niveau 1 — Réanimation : danger vital immédiat (arrêt cardiaque, traumatisme majeur). Prise en charge immédiate.
  • Niveau 2 — Très urgent : risque vital potentiel (douleur thoracique, signes d'AVC). Cible d'environ 15 minutes.
  • Niveau 3 — Urgent : situation sérieuse mais stable. Cible d'environ 30 minutes.
  • Niveau 4 — Moins urgent : cible d'environ 60 minutes.
  • Niveau 5 — Non urgent : cible d'environ 120 minutes.

Ces cibles sont des objectifs nationaux, pas des garanties : un afflux soudain de cas graves repousse mécaniquement les cas jugés moins prioritaires.

Le temps d'attente affiché tient-il compte de la gravité de mon cas ?

Non, et c'est un point crucial. Les durées affichées sont des moyennes calculées sur l'ensemble des patients d'une catégorie (ambulatoire ou sur civière). Elles ignorent votre niveau de triage personnel.

Conséquence : si votre état est jugé très urgent (niveau 1 ou 2), vous serez vu bien plus vite que la moyenne ; s'il est jugé non urgent (niveau 4 ou 5) un jour d'achalandage, vous pourriez attendre plus longtemps que le chiffre affiché. La moyenne décrit l'établissement, pas votre cas précis.

Pourquoi quelqu'un arrivé après moi est-il passé avant ?

Parce que son triage l'a classé plus urgent que vous. L'ordre de passage suit la gravité clinique, jamais l'ordre d'arrivée. C'est la logique même du triage : traiter d'abord ceux dont le pronostic dépend de la rapidité d'intervention. C'est frustrant quand on attend, mais c'est précisément ce qui sauve des vies.

Le temps d'attente (données MSSS)

D'où viennent les temps d'attente ?

Du jeu de données public « Situation dans les urgences au Québec », publié par le MSSS sur la plateforme Données Québec sous licence Creative Commons CC-BY 4.0. Nous lisons l'API officielle et n'altérons jamais les chiffres source : l'outil ne fait que les combiner et les trier.

À quelle fréquence les données sont-elles mises à jour ?

Le MSSS rafraîchit ses chiffres environ une fois par heure. Le miroir de Données Québec accuse généralement 30 à 45 minutes de retard sur l'extraction officielle.

Concrètement, ce que vous voyez reflète la situation d'il y a une à deux heures — c'est une photographie récente, pas un flux à la seconde. Une urgence peut s'être désengorgée (ou saturée) depuis la dernière publication.

Qu'est-ce que la « durée moyenne de séjour » (DMS) ?

La DMS est le temps moyen qu'ont passé à l'urgence, de l'arrivée au départ, les patients sortis la veille. C'est une donnée structurelle — calculée sur une journée complète terminée — et non un chronomètre en direct. Elle reflète la « vitesse de traitement » habituelle de l'établissement : un hôpital avec une DMS de 4 h traite en moyenne ses patients deux fois plus vite qu'un hôpital à 8 h.

Quelle différence entre la DMS ambulatoire et la DMS sur civière ?

Le MSSS publie deux moyennes distinctes, car les deux clientèles vivent un parcours très différent :

  • DMS ambulatoire — pour les patients qui restent en salle d'attente ou sur chaise (cas plus légers, qui repartent généralement à la maison). Souvent quelques heures.
  • DMS sur civière — pour les patients couchés sur une civière (cas plus lourds, mise en observation ou hospitalisation possible). Généralement plus longue.

Chaque moyenne couvre la totalité du séjour arrivée-départ de sa clientèle : pas besoin de les additionner. L'outil vous laisse choisir le profil qui correspond le mieux à votre situation pour afficher l'estimation pertinente.

Qu'est-ce que le taux d'occupation des civières ? Peut-il dépasser 100 % ?

C'est le rapport entre les civières occupées et les civières fonctionnelles : occupation = (civières occupées ÷ civières fonctionnelles) × 100.

Oui, il dépasse fréquemment 100 %. Cela signifie qu'il y a plus de patients couchés que de civières prévues — on installe alors des civières de débordement dans les corridors. Un taux de 150 % veut dire « une fois et demie la capacité normale ». C'est l'indicateur le plus parlant de la pression réelle sur une urgence.

Que signifient les couleurs vert, jaune et rouge ?

Elles résument d'un coup d'œil la pression sur les civières :

  • Vert (calme) — occupation sous 80 %.
  • Jaune / orange (occupé) — occupation entre 80 % et 120 %.
  • Rouge (saturé) — occupation au-delà de 120 %.

La couleur dépend uniquement de l'occupation des civières, indépendamment du type de cas que vous avez sélectionné. Elle vous dit à quel point l'établissement est sous pression en ce moment.

Qu'est-ce que le « facteur de pression » et comment ajuste-t-il l'estimation ?

La DMS brute décrit hier ; le facteur de pression la corrige pour aujourd'hui. On compare l'occupation actuelle des civières à l'occupation « normale » du même hôpital (sa médiane historique).

Le calcul : facteur = occupation actuelle ÷ occupation habituelle, borné entre 0,8 et 2,5. Un hôpital deux fois plus chargé que d'habitude voit son estimation multipliée par environ 2 ; un hôpital plus calme que d'habitude, réduite. L'estimation affichée vaut donc : DMS × facteur de pression.

Les bornes évitent d'afficher des durées irréalistes — jamais « 20 minutes » un matin parfaitement calme, jamais « 14 heures » en pleine saturation. À noter : la collecte de l'historique d'occupation a démarré à l'été 2026 ; tant que cet historique est court, l'outil retombe sur un barème absolu fondé directement sur le taux d'occupation.

Que veulent dire « patients présents », « en attente de prise en charge médicale », « depuis plus de 24 h / 48 h » ?

Ces compteurs, publiés par le MSSS, décrivent l'engorgement de l'urgence :

  • Patients présents — le nombre total de personnes actuellement dans l'urgence (salle d'attente et civières confondues).
  • En attente de prise en charge médicale — les personnes déjà arrivées et triées (évaluées par l'infirmière), qui attendent maintenant d'être vues par un médecin pour la première fois.
  • Présents depuis plus de 24 h / 48 h — des signaux de congestion : plus il y a de patients restés très longtemps (souvent en attente d'un lit d'hospitalisation), plus l'urgence est engorgée et lente.

Le temps de trajet

Comment le temps de trajet est-il calculé ?

À partir de votre position (le GPS de votre navigateur ou une adresse que vous saisissez), l'outil calcule l'itinéraire routier réel vers chaque urgence à l'aide d'OSRM (Open Source Routing Machine), un moteur de calcul d'itinéraire qui s'appuie sur le réseau routier d'OpenStreetMap. Il connaît donc les rues, les sens uniques et les autoroutes — pas seulement la distance « à vol d'oiseau ».

Quelle différence entre un trajet « en temps réel » et un calcul simple par distance ?

Il existe trois niveaux de précision, du plus grossier au plus fin :

  • À vol d'oiseau (le plus simple) — on trace une ligne droite entre vous et l'hôpital, on la corrige d'un facteur 1,4 pour approcher la distance routière, puis on divise par une vitesse moyenne de 80 km/h. Rapide à calculer, mais imprécis : ignore les routes réelles, les détours et les ponts.
  • Itinéraire routier (OSRM) — suit le vrai réseau de rues et estime la durée selon les vitesses normales de chaque tronçon. C'est le calcul par défaut. Il ignore toutefois le trafic du moment : un embouteillage ne change pas son résultat.
  • Trajet en temps réel — interroge un service de trafic en direct qui tient compte des bouchons, des accidents et des travaux à la minute près. C'est le plus fidèle à votre temps de conduite réel.

Pourquoi pas du temps réel partout ? Parce que c'est coûteux et lent à interroger pour une centaine d'hôpitaux. L'outil calcule donc tout le Québec avec OSRM, puis n'affine en temps réel que les quelques urgences déjà les mieux classées — là où la précision change réellement votre décision.

Pourquoi l'hôpital « le plus proche » n'est-il pas toujours le plus rapide à atteindre ?

Parce que la distance n'est pas le temps. Un hôpital à 12 km accessible par autoroute peut être plus rapide à rejoindre qu'un hôpital à 7 km à travers des rues encombrées et des feux de circulation. C'est exactement pour cette raison que l'outil distingue le mode « plus proche » (qui trie par distance) du mode « trajet le plus court » (qui trie par durée).

Que se passe-t-il si le calcul d'itinéraire est indisponible ?

L'outil bascule automatiquement sur l'estimation à vol d'oiseau (distance × 1,4 ÷ 80 km/h) et affiche un bandeau vous prévenant que les distances sont approximatives. Vous conservez un classement utile, simplement avec une précision moindre sur les durées de route.

Puis-je choisir mon mode de déplacement ?

Oui : voiture, transport en commun, vélo ou marche. Pour le vélo (calculé à 15 km/h) et la marche (4 km/h), l'outil reprend la distance routière et recalcule la durée à vitesse humaine, et limite la recherche à un rayon raisonnable (10 à 20 km selon le mode) — proposer un hôpital à 80 km à pied n'aurait aucun sens.

Le classement et les modes de tri

Comment l'outil décide-t-il quel hôpital afficher en premier ?

Il additionne les durées pertinentes et trie les urgences du temps le plus court au plus long, selon le mode de tri que vous choisissez. Les établissements dont les données sont indisponibles sont relégués en fin de liste plutôt que de fausser le classement.

Quels sont les modes de tri, et lequel choisir ?

L'outil propose cinq façons de classer les urgences :

  • Plus proche — distance routière seule. Pour repérer l'hôpital géographiquement le plus près.
  • Trajet le plus court — temps de route seul (avec trafic en temps réel si disponible). Le plus rapide à atteindre.
  • Attente la moins longue — temps d'attente estimé sur place seul, sans tenir compte du trajet.
  • Avant la prise en charge — trajet + attente. Le temps estimé avant que l'équipe médicale s'occupe de vous.
  • Temps total — trajet + attente + séjour + retour. La meilleure approximation du moment où vous rentrerez à la maison.

Pour la plupart des gens, « Avant la prise en charge » ou « Temps total » offrent la vue la plus réaliste de ce qui les attend.

Le « temps total » inclut-il le trajet de retour ?

Oui. Le mode « temps total » additionne l'aller, l'attente sur place, la durée moyenne du séjour, puis le retour à votre point de départ. C'est l'estimation la plus complète du temps que toute la démarche vous coûtera, du moment où vous quittez la maison jusqu'à votre retour.

Dois-je me classer en « ambulatoire » ou « sur civière » ?

En règle générale : choisissez ambulatoire si vous pouvez patienter assis en salle d'attente et repartirez probablement chez vous (entorse, fièvre, petite coupure) ; choisissez sur civière si votre état exige d'être couché et surveillé (douleur intense, malaise sérieux).

En cas de doute, c'est de toute façon le triage à l'arrivée qui tranchera. Ce choix ne sert qu'à afficher la moyenne de séjour la plus représentative de votre situation.

Confidentialité, fiabilité et limites

Ma position est-elle enregistrée ou partagée ?

Non. La géolocalisation sert uniquement, sur votre appareil, à calculer les distances vers les hôpitaux. Elle n'est ni stockée ni revendue. Vous pouvez d'ailleurs saisir une adresse manuellement plutôt que d'activer le GPS, si vous préférez.

Quelle est la fiabilité des estimations ?

Ce sont des heuristiques informationnelles, pas un modèle clinique. Elles reposent sur des moyennes et sur des données publiées avec un léger décalage. La réalité d'un soir précis peut différer : un accident multivictimes, une éclosion ou une panne informatique dans un hôpital ne se voient pas immédiatement dans les chiffres.

Quelles sont les principales limites à garder en tête ?

Quatre limites valent la peine d'être rappelées avant de vous fier au classement :

  • Les temps d'attente sont des moyennes, pas votre attente personnelle — qui dépend avant tout de votre niveau de triage.
  • Les données accusent un retard d'environ une à deux heures sur la situation réelle.
  • Le facteur de pression est une estimation encore en cours de calibration.
  • Le trafic en temps réel ne couvre que les hôpitaux déjà les mieux classés, et un établissement qui n'a pas transmis ses chiffres peut manquer ou être incomplet.

Quand dois-je cesser de comparer et simplement appeler le 911 ?

Immédiatement, devant tout signe grave : douleur thoracique, signes d'AVC (visage affaissé, faiblesse d'un bras, trouble de la parole), difficulté à respirer, hémorragie importante, perte de conscience ou traumatisme majeur. Dans ces cas, n'attendez aucun classement — composez le 911. Pour un simple doute, le 811 (Info-Santé) vous orientera gratuitement.

← Retour à l'accueilPage mise à jour régulièrement à mesure que la méthodologie évolue.